Ça fait long temps que je pense à me retrouver ici. Les idées n'ont pas manqué pendant tout ce temps, mais l'envie n'était pas au rendez-vous.
Je suis désolée de ne pas avoir donné une réponse à tous ceux qui m'ont laissé des commentaires ou qui m'ont taggé. Dans ma tête, j'ai toujours donné de la continuité à nos dialogues, mais mon esprit n'était plus dans les soucis ou les découvertes de l'invité végétarien.
Il y a quelques jours, je discutais avec mon mari sur tout ce qui s'est passé dans les mois qui ont suivi l’accouchement, la fatigue et parfois le désespoir. Je sais que c'est très facile de réduire toute émotion post-partum à la très diagnostiqué dépression post-natale, mais Dieu sait que si j'étais triste malgré le bonheur d'avoir un enfant, il y a eu toujours une raison concrète. La solitude dans ce pays, les critiques des gens autour, le froid, mais aussi une barre placé sûrement trop haut pour moi dans mon rôle de maman. Je m'avais promis ne jamais laisser pleurer ma petite, mais il fallait payer un prix très cher, car j'étais seule à pouvoir accomplir la mission, l'autre personne qui pouvait m'aider, Mihai s'occupait de notre lien avec l’extérieur, devant voyager énormément loin de la France.
Aujourd'hui je retrouve la force, le calme et la confiance en moi et dans notre famille. Lila est sans doute un enfant épanoui. Beaucoup de nouvelles expériences se sont accumulées pour l'invité végétarien pour m'aider à retrouver un plus juste rapport avec le végétarisme, la philosophie de la non-violence et ma recherche de la pureté.
Du temps après l'accouchement, dû à nos multiples voyages et à mon besoin de me récupérer plus rapidement de la grossesse, j'ai décidé selon la recommandation de mon praticien ayurvédique Philippe Maugars, d'inclure des bouillons de volailles dans mon régime et plus de laitiers que ce dont je mangais d'habitude, en plus de beaucoup de légumes à fauilles vertes, suivant des principes plus ayurvédiques que strictement végétariens. Le fait de l'avoir accepté, me permet d'être plus souple dans des situations très courantes où les gens m'offrent que des salades lors d'un dîner. Et on le sait qu'il est impossible de bien se nourrir qu'avec des crudités, surtout le soir. Mais aussi, cette parenthèse me permet en outre pouvoir tout simplement d'aller manger dehors sans craintes, même si lorsque j'ai la possibilité du choix je préfèrerais des mets complètement fait avec des légumes.
Ce n'est pas très évident d'ouvrir un creneau à quelque chose que on avait erradiqué de sa vie, mais puisque je ne peux pas faire autrement, au moins je suis reconnaisante de ces animaux qui ont offert leur vie pour me nourrir.
Pour cet hiver j'inclurai des bouillons de volailles dans l'alimentation de Lila aussi car l'offre des légumes fraîches est amoindri pendant la saison froide. Je suis revenu sur ma position sur le végétarisme strict en lisant un précieux livre du Dr Douillard sur l'Ayurveda pour les enfants qui dit qu'il est très difficile de suivre un régime strictement végétarien sans avoir à cuisiner 2/3 de la journée. Le problème n'est pas le vegetarisme mais les conditions dans lesquelles on vit dans nos villes modernes. Après j'ai compris pourquoi ma fatigue lors des premiers mois d'allaitement. Je ne voulais pas manger des conserves, pas de surgelés, pas de repas gardés plus d'un jour, pas de viande, pas de fromage de pâte, et tout devait être BIO. Enfin, j'étais obligé de cuisiner (en plus de faire les courses, la vaiselle, etc.) tous les jours entre deux tétés, pour pouvoir me nourrir et être en forme pour répondre aux besoins de Lila. Il m'a fallu comprendre que nos choix sont faits des circonstances.
Il me faut le dire que les élixirs de fleurs du Dr Edward Bach m'ont aussi beaucoup aidé à surmonter les émotions négatives auxquelles j'ai dû faire face pendant cette période mais qu'en analysant plus objectivement, étaient des émotions que j'avais cultivées, sans être consciente, pendant beaucoup de temps, bien avant ma grossesse. La nostalgie de mon pays, ma famille et mes amis, ce sentiment de ne pas être à l'hauteur de ce pays, mes différences contraignantes avec les autres au sujet de ce qu'on mange, mais aussi un certain enthousiasme exacerbé pour tout ce qui a pu m’aider dans mon chemin de vie, enthousiasme auquel finalement je dois les premiers billets de l'invité végétarien.
Actuellement je trouve des nouveaux repères, je me sens plus tempéré, mais surtout plus apaisée. J'ai envie à nouveau de partager mes expériences avec une perspective plus douce, sur le besoin de trouver le régime qui nous convient très individuellement.
J'espère qu'un prochain billet ne se fera pas attendre. Merci à tous ceux qui continuent à venir ici et surtout à tous ceux qui me laissent savoir leur avis sur mes expériences et réflexions.

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