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Mayonaise sans oeufs sans risque

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Pendant ma grossesse j'ai dû abandonner partiellement le régime yogique. J'ai gardé une alimentation végétarienne mais je me suis vue dans le besoin de lâcher un peu mon style de vie, qui m'imposait trop d'interdits, ce qui fait toujours très difficile de trouver des solutions à mon repas en dehors de chez moi ou dans des situations non planifiées.

Dans aucun moment j'ai douté de la pertinence de rester végétarienne pendant la grossesse, malgré les opinions contraires des membres de ma famille. Je dois avouer que si bien je me sentais très sure de mon choix, je sentais aussi le besoin de répondre de la meilleure façon possible aux exigences de l'état de grâce en gardant mes convictions. Il y avait une partie de moi qui me disait que si quelque chose marchait mal tous pointeraient leur doigt sur moi en disant que c'était la faute des légumes. Il me fallait me couvrir encore plus, comme d'ailleurs c'est l'habitude d'un végétarien.

Je ne suis pas du genre à éclater mes repas en mille morceaux pour identifier leurs apports nutritifs, mais le moment m'exigeait plus d'expertise. Alors j'avais quelques craintes : le fer, le calcium, la vitamine D et la vitamine B12. Je savais que l'hémoglobine chute pendant la grossesse donc il me fallait être plus attentive que jamais d'inclure des aliments riches en fer, même si je mange régulièrement des lentilles et du sésame, et mon hémoglobine a été toujours à un bon niveau. Un possible manque du calcium m'a fait reprendre la consommation de laitiers que j'essayais de laisser de côté depuis un certain temps suivant les directrices ayurvédiques. Mais c'était surtout la connaissance exacte du fait que la vitamine B12 n'est pas présente dans aucun légume, mais dans les produits d'origine animale, qui m'invitait à prendre plaisir avec des laitiers. Pas facile pour quelqu'un qui n'aime pas le lait, mais c'était nécessaire, puisque même dans l'ayurveda le lait est considéré comme un aliment indispensable pendant la grossesse, très nourrissant. Jusqu'ici pas de vrai changement puisque le régime yogique prescrit la consommation des produits laitiers frais. Mais pour contribuer de façon plus efficace à l'ingestion de protéines et de la vitamine B12, j'ai dû aussi accepter de consommer des oeufs de temps en temps. Ça me permettait entre autres choses d'accepter l'envie de me gâter de la part de ma famille, pour qui tout dessert est fondé sur la qualité émulsifiante des oeufs, donc pas de sucre sans oeufs à nos tables.

Même si je ne consommais pas beaucoup, car le système digestif perd aussi l'habitude de se battre contre des aliments très exigeants, en réalité, la consommation des oeufs présentait une autre contrainte, celle du au risque de les manger crus, dans des produits qu'on adore comme la mayonnaise, la sauce hollandaise, le tiramisu, les crèmes, etc. Ces risques pendant la grossesse s'appellent la listériose et la salmonelle. C'est pourquoi alors que j'acceptais de manger des oeufs ou des préparations avec des oeufs, je suis resté fidèle à la mayonnaise sans oeufs que je prépare toujours, extraite du livre The yoga Cookbook: vegetarien food for body and mind. Voilà une solution facile, nutritive et très saine de retrouver le goût de la mayonnaise pendant la grossesse.

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Visite à l'Atelier Robouchon

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Au moins une fois par an, notre ami Marcello, nous offre le cadeau de venir quelques jours nous visiter. Grâce à lui, nous nous sentions au centre de tout, dans un endroit où tout le monde rêve d'y aller, et même d'y rester. C'est Paris !

Marcello vit à Miami et travaille chez MGM, le studio mytique avec l'enseigne du Lion. Pendant quelques jours après la première mondiale du nouveau James Bond, Casino Royale, en Europe, Cello nous a donné sa merveilleuse compagnie, pendant 5 jours.

Pendant ces quelques jours, ils a créé une parenthèse enchantée, comme c'est son habitude, un rencontre avec des institutions françaises, des musées, des restos, des promenades. Cette fois-ci et malgré nos crantes au sujet du coût d'un événement pareil, nous avons accepté sa suggestion d'aller à l'Atelier de Joël Robuchon à Paris (pas à Las Vegas) à l'Hôtel Pont Royal, au 7 rue de Montalembert. 7ème.

Comme c'est la rigueur, j'ai appelé pour constater qu'ils avaient des choix pour les végétariens. Un monsieur, que nous avons reconnu après comme étant Patrick, l'aimable et sympathique chef de salle, m'a dit avec toute réassurance : « Ah, oui ! Bien sûr Madame ! »

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Les choses n'étaient pas exactement sures lors de notre arrivé à cet espace particulier, et on pourrait ajouter aussi originale, plus proche d'un Sushi bar japonais que d'un bistrot lyonnais. La lumière est minimale sur les commensales assis au comptoir, contrastée avec la théâtralité de l'illumination sur les assiettes, et surtout avec l'éclairage fort et aseptisé de l'autre côté du comptoir, où une brigade assez méticuleuse prépare ou ressemble les plats de la carte, une longue liste !

Le moment de commander est arrivé. Après avoir jetée un coup d'oeil sur le menu, j'ai demandé à une jeune fille de choisir à ma place puisqu'il était évident que les choix végétariens ne faisaient pas des tons. Elle m'a posé la question de rigueur parmi les Français : « Mangez-vous de poissons ? ». À ce que j'ai répondu avec un ample sourire, cette fois ci sans cynisme : « No, des poissons non plus ».

Finalement, elle m'a proposé une version gratte-ciel ou mille feuilles d'une légumes grillées, mozzarella et pesto, vraiment délicieuse, et puis des pâtes à la tomate. J'ai pensé ce soir à notre dîner dans un autre Atelier, celui du Maître Albert sous le regard de Guy Savoy, où l’on m'avait fait manger des pennes à la crème dans une cocotte Staub, que j'essaie jusqu'a ce jour d'efacer de ma memoire. J'avoue que mes espoirs sur la pâte Robuchon n'étaient pas au sommet. Mais heureusement, la pâte était très, très bonne. Des spaguetti avec une sauce-tomate, avec beaucoup d'ail et beaucoup d'oignon (moi aussi j'ai fait des exceptions, parce que la soupplese c'est une valeur) et des olives noirs, dans laquelle le parmesan râpé faisait parti de la recette, loin de la coutume de l'offrir en option, à côté.

Pour mes compagnons les omnivores, ça a été la fête. Marcello a mangé du foie gras, qu'il pourrait manger chaque jour pendant son séjour parisien, et Mihai une crème de marron avec de jambon croquant, et puis ils ont continué avec des plats qui pourraient faire partis d'un musée d'histoire naturelle.

Comme dessert, ils ont pris un beau soufflé, d’une lyrisme époustouflante, servi avec une amande géante de glace à la pistache, et moi un échantillon de gâteaux maison, à vrai dire, rien de surprenant, je dirais même anodin.

Souffl_robuchon

Après cette soirée de bienvenue, on a continué à arpenter les endroits très parisiens, que Marcello adore ou est sensé d'adorer :

Salon de Thé Angélina au 226 rue de Rivoli. 1er

Café Marly sous les arcades du Musée du Louvre, au 93 rue de Rivoli. 1er

Café de Flore au 172 Bld Saint Germain. 6ème

Restaurant George au Centre Pompidou - Piazza Beaubourg. 4 ème

On a juste manqué quelques favoris de Marcello comme : Au pied de Cochon, Le Tambour ou Le domaine de Lintillac... Mais sans regret, on attend Marcello déjà pour nous offrir encore une fois nos plus belles vacances parisiennes.

Pourquoi mon végétarisme n'est pas facile à suivre ? Un oubli... le chocolat !

Cacao_venezuelien Je ne mange pas du chocolat, non plus !

Il peut sembler bizarre, tout le monde aime le chocolat, mais heureusement je n'ai jamais aimé. De temps en temps je pourrais avoir envie de chocolat chaud comme le prépare ma grande mère à partir du cacao pur vénézuélien, avec du beurre et sans lait, mais c'est plus une envie de retrouver le temps perdu qu'un désir gourmand.

Alors qu'avant je pouvais goûter un peu de chocolat, aujourd'hui cet aliment rentre dans les interdictions imposés par la méditation, mais pas seulement. Après avoir investi un bon temps à éliminer certaines choses de mon régime, avec l'idée de retrouver mon équilibre, le chocolat s'avère maintenant un aliment que comme le café et les boissons gazeuseuses avec de la caféine, ne me laisse pas très en forme après. Le chocolat est trop excitant peut-être ! Après une tasse de chocolat, j'ai des maux de tête féroces, mais le pire c'est tard le soir, quand un bonbon suffit pour m'empêcher de dormir.

Du livre The book of eggfree cakes (Le livre des gâteaux sans œufs): « Le cacao ou le chocolat contiennent stimulants (théobromine et caféine), acide oxalique (lequel baise les niveaux de calcium dans nos corps) et d'autres toxines, comme le phéniletilamine et le tyramine (ceux ci produisent des migraines), et donc doit être évite. Les recettes utilisées dans ce livre utilisent toujours de la poudre de carobe. Si vous adoptez des recettes et substituez le cacao pour le carobe, souvenez vous d'utiliser moins de sucre, parce que le carob e est naturellement plus sucré que le cacao ».

C'est comment la vie sans chocolat ? Elle se passe très bien, merci !

Pourquoi mon végétarisme n'est pas facile à suivre ?

Pour tout le monde, le végétarisme laisse de côté la viande, la chair des animaux et quelques produits d'origine animale. C'est difficile à accepter comment quelqu'un peut se passer des délices à base d'animaux, mais au moins on comprend, même si en France, la plupart de gens croient que les poissons appartiennent au royaume animal. C'est la seule explication que je trouve au bonheur de ceux qui répondent : « Oui, nous avons beaucoup de choix pour les végétariens, de très bons poissons ».

Malgré mes efforts pour le rendre clair et le temps, ma famille se plaint toujours de ne pas pouvoir suivre mon régime, parce qu'en plus des animaux y compris les oeufs, je ne mange non plus une longue liste d'autres aliments : champignons, alcools, radis, oignon, ail, poivron, tomate, aubergine, surgelés, glacés, conserves, réchauffés et gazeuses.

La raison ou plutôt les raisons proviennent, tout comme mon végétarisme, de ma pratique de yoga, et ensuite de l'intégration à mon alimentation de certaines bases ayurvédiques, selon ma constitution.

Mais pour faire simple, voici les justifications de mon régime :

1- Prana : grâce au yoga, j'ai arrêté la viande parce que la pratique en elle-même se voit favorisé par un régime léger et qui apporte du prana, de l'énergie. On ne  se nourrit pas seulement parce que c'est bon de manger trois fois par jour des plats très succulents, mais parce que les aliments nous offrent du prana, de l'énergie, nécessaire au fonctionnement du corps matériel mais aussi plus subtil, comme le mental. Le prana est seulement présent dans les aliments frais. Alors en général, je ne mange pas des aliments morts, comme la viande, les surgelés, les précuites, les conserves, les restes de plus de une journée et les fermentés. Si nous sommes ce que nous mangeons... il vaut mieux éviter des aliments en décomposition.

2- Ahinsa :  ça veut dire la non-violence en sanscrit. Voici une des principales raisons pour ne pas manger des produits animaux, même si je consomme des produits laitiers (lait, fromages frais et yogourt) qui font partie de l'alimentation yogique depuis toujours, environ 5000 ans. Mais pour pouvoir garder ces produits d'origine animale aujourd'hui, dans notre ère industrielle de production à grande échelle, il faut les consommer bio, pour ne pas soutenir l'élevage et la production de ces produits dans des conditions violentes pour les animaux. C’est d’ailleurs la même chose pour les végétaux. Les consommer bio est une façon de soutenir aussi la protection de l'écosystème. Si nous sommes ce que nous mangeons... Il vaut mieux éviter des aliments produits dans la souffrance d'autres êtres vivants.

3- Méditation : Pour pouvoir méditer, ou plutôt pour pouvoir essayer la méditation, il convient un mental calme. D'ailleurs on commence la pratique de la méditation avec le seul exercice de faire venir le mental dans un état de vide, loin des pensés. C'est très difficile, en tout cas pour moi. C'est pourquoi j'évite des aliments qui pourraient en plus stimuler ou agiter mon mental: l'alcool, le café, le thé, les oignons et sa famille, les radis, trop d'épices, les grignotages. En plus des aliments, je suis, ou j'essaie de respecter les horaires des repas et le temps nécessaire à digérer quelque chose. Donc je ne mange pas à n'importe quelle heure et dans n'importe quelle condition. Si nous sommes ce que nous mangeons... Il vaut mieux éviter tout aliment ou contexte stimulant pendant le repas.

4- Ayurveda :  Depuis un certain temps, j'essaie aussi de suivre un régime ayurvédique (science indienne de la guérison et partie du système du yoga). L'ayurveda m'impose de manger selon ma constitution, à savoir avec une prédominance Vata. Ce qui veut dire que j'ai une tendance naturel à avoir les éléments air et éther en plus grand quantité que les éléments eau, terre et feu. Ce qui fait de moi quelqu'un de très instable avec tendance à ne pas pouvoir rester dans une seule activité pendant beaucoup de temps. Mais en surplus, comme tous les individus  avec un déséquilibre Vata, j'ai une digestion très irrégulière. Je suis alors un régime Anti-vata, qui privilégie les aliments cuits sur les crudités et les fruits, que je ne mange pas après 18h, aussi comme les produits laitiers, spécialement les fromages. J'évite de manger aussi des aliments croquants comme le pain grillé ou le popcorn, même si je suis fan de tout ce qui fait « crunch ». On a tendance à nourrir ce qu'on est !

Quelques aliments que j'essaie de manger avec modération sont ceux qu'on appelle « Nightshades » (je ne connais pas le nom en Français, mais c'est la famille des solanacées) : tomate, piment, pomme de terre et l'aubergine. Mais sont aussi partie de la famille, le tabac et des poisons comme la belladone et la pomme de Pérou. Ces produits sont généralement très difficile à digérer, et même un peu toxiques, puisqu’ils contiennent aussi de la nicotine, en quantités beaucoup plus petites que le tabac. Je ne mange pas non plus trop de dérivés de soja, qui sont très difficiles à digérer pour moi. Il y a aussi les mélanges que je ne fais pas, que selon l'ayurveda, sont la cause d'une mauvaise digestion, qui se compte parmi les principales causes des problèmes de santé plus graves.  Si nous sommes ce que nous mangeons… Il vaut mieux éviter tout ce qui puisse générer des déséquilibres dans le corps et l'esprit.

Comme disent les membres de ma famille, il y a trop d'interdictions pour qu'on arrive à suivre. Ils ont raison. C'est pourquoi, comme partie de mon régime, je travaille aussi la capacité de m'adapter selon les circonstances. Ça veut dire que j'oublierai toutes ces interdictions sauf celle de la viande et les animaux, dans le cas où il serait nécessaire. Et croyez-moi, c'est toujours nécessaire, parce que même dans les restaurants végétariens, la plupart de plats ont comme thème central des champignons, ce dernier l'aliment végétal le plus goûteux pour les non-végétariens. Devinez pourquoi, c'est un aliment dans la même famille que la moisissure, il pousse dans le noir et l'humidité, et sans doute doit son bon goût à une certaine décomposition, très naturelle sans doute.

Rien de tout ça n’est venu tout d’un coup, donc ce n’est pas difficile du tout pour moi de continuer à évaluer mon régime et l'adapter à mes besoins. Je dois avouer qu'il y a des choses que je n'ai pas mis à la poubelle comme mes chaussures en cuir, pour soutenir la non-violence, donc il y a encore des choses que je dois encore intégrer à mon quotidien. Mais, quand il s’agit d’être l’invité de quelqu’un, je mange en évitant des excès de tout ce qui change de mon régime, mais je mange quand même, en sachant que la souplesse est aussi quelque chose à cultiver.

Le jardin de Flora

J'aime toujours célébrer. Je m'invente des événements que pour rendre hommage à ma vie, quoi qu'il arrive, mais surtout à ma mémoire. Lors de l'anniversaire d'une rencontre amoureuse il y a 5 ans, nous avons décidé de dîner dehors, mais comme nous avons l'habitude de sortir, il nous fallait au moins un endroit d'exception, une véritable découverte.

Chez_flora

À Paris ce n'est pas vraiment un problème d'en trouver, mais il y a toujours le casse-tête de mon végétarisme. Même les grands chefs et les plus fameux restaurants ont du mal à croire dans les valeurs des légumes comme le sujet d'un plat. Je finis toujours par manger une salade avec du fromage ou des plats aux champignons ou des pâtes à la française, généralement trop cuites et avec de la crème fraîche, comme cette fois où nous sommes allés à l'Atelier de Maître Albert, restaurant signé Guy Savoy à distance. Je ne pouvais pas croire un plat pareil, tellement il était sans âme, que ni la présentation dans une cocotte « Staub » a pu sauver !

J'avais déjà quelques adresses en tête, mais notre budget avait ses limites comme pour nous offrir un événement « toqué ». Je sais que le restaurant « L’Espadon » de l'Hôtel Ritz a un menu spécifique végétarien, mais j'imagine que dans ses décors, on paie même l'air qu'on respire, donc pas de question. Toujours Alain Passard qui apparaît comme alternative, mais son menu par personne est déclaré à 300€ dans un vieux guide, de 2002. On attendra son restaurant éphémère chez Printemps cette année, pendant la semaine verte, pour déguster son talent à petit prix, même s'ils ne sont pas si petits qu’on espérait.

Alors, je me souviens d'un restaurant où j'ai voulu réserver déjà plusieurs fois sans succès. Il s'agit de « Flora », juste en face de l'Hôtel George V. J'avais remarqué ce restaurant de loin avec sa douce lumière rose, très intime, comme encadré dans un intérieur hollandais sans mise à point. Depuis j'ai cherché à me renseigner sur l'adresse pour découvrir que ce restaurant était la maison de Flora Mikula, ancienne de chez Passard à L'Arpège. Cette référence me faisait croire à son respect des légumes, selon les guides avec une touche provençale, qu'elle avait déjà honoré pendant son séjour au restaurant Les Olivades.

Le grand souci était de trouver une table chez Flora le jour même. Presque sans espoir, je nous imaginais dans un restaurant italien quelconque trouvé sur bestrestaurantsparis.com. Avec l’idée de faire un petit exercice de « penser positivement », je me suis dit qu'au moins je devrais appeler pour me montrer combien d'espoir j'étais capable de procurer. Alors, j'appelle !

Coup de chance, on a eu une table grâce au fait que quelqu’un avait annulé sa réservation d'une table pour 5 à la dernière minute.

À 20h, nous sommes arrivés prendre notre table chez Flora.

Dans la carte, il n’y avait rien du tout pour moi, sauf un plat de risotto aux truffes à 45€, mais surtout avec des truffes. J'essaie de ne pas manger des produits de la famille des champignons, avec tout le respect que mérite la très réputée truffe, qui ne se doit pas croire parmi les champignons. Mon régime végétarien - étant basé sur la consommation d'aliments frais -  n'accepte pas les champignons, parce qu'ils sont liés aux aliments en décomposition ou poussés dans l'obscurité et l'humidité.

Suite à ma demande, le maître de salle m'a offert une attention du chef, gentilement sans champignons.

Le festin de Flora Mikula commence :

Pains_chez_flora

En entrée, j'ai reçu une crème de légumes oubliés. Souvenez-vous que maintenant il n'y a pas un seul chef qui ne se sente pas séduit par le topinambour. Sans vouloir être trop sévère, c'est même honteux que le topinambour soit l'ingrédient du moment. Pas parce qu'il ne le mérite pas, mais parce qu'il y a trop de snobisme derrière sa présence dans les grandes tables. Malgré le manque d’originalité, quand même, ma crème était chaude, mousseuse et délicieuse. C'est drôle, parce qu'une crème de topinambour a été aussi mon entrée à l'Atélier de Maître Albert et j'ai eu des légumes oubliés aussi au Café Panique, une autre cuisine feminine à Paris.

Creme_de_topinambours

En plat principal, la chef a créé une jolie assiette de variations aux légumes : à nouveau les légumes oubliés, mais en purée; des légumes au wok ou des légumes sautés ou des légumes asiatiques, parfaitement croquantes ; des légumes semblablement aussi oubliés, mais rôties au miel ; et un mélange de salade avec une vinaigrette sans plus. Rien n'était pas très, très étonnant, mais je remercie quand même le geste, l'intention végé et la présentation, très soignée.

Plat_vegetarien_chez_flora_2_1

Au moment du dessert, je ne pouvais plus continuer, à cause du bonheur pourvu surtout par le panier des pains : aux olives et des petites baguettes à l’ancienne, cette dernières, minuscules super mignonnes. Mais ce qui m’arrêtait plus franchement c’est que soit il y avait de la glace parmi les éléments qui construisaient les assiettes sucrées, soit l'objet du désir avait fait sa remonté royale grâce aux œufs, comme le cas d’un très appétissant soufflé, dévoré sans pitié dans toutes les tables autour de la nôtre. Finalement, nous avons commande une poire rôtie - que j'adore dans tous ses états -avec un capuccino glacé que j'ai seulement goûté, parce que ça ne se mariait pas vraiment avec la poire.

Poire_roti_et_capuccino_glac_chez_flora

Fini le dîner, nous étions heureux mais assez épuisés comme pour continuer la fête. Nous étions épuisés de manger, il faut le dire, ça fatigue ! Cette fois-ci j’avoue une mort à table sans regret car l’occasion le mérité.

« Flora » est sans doute une bonne sortie pour un groupe mixte - un couple végétarien-omnivore -, même si j’ai déjà oublié l’expérience des saveurs à l’exception du pain délicieux aux olives. J'ai senti qu'il y a parfois un peu trop d’effort dans sa cuisine, sans que ses plats arrivent toujours à faire passer le message. Bien sûr je ne peux pas juger, puisque des légumes seront toujours insuffisants pour qualifier un chef étoilé dans ce pays. Mais en regardant les plats autour de moi, j’ai senti qu'ils manquaient d'enjeu, comme des pièces pas finies et parfois trop ambitieuses. Une chose est à remarquer, l’attention, la présentation, l'enchaînement des plats et le lieu sont parfaits !

« Flora »
36 Av George V
75008 Paris
01 40 70 10 49

Je n'aime pas est toujours mieux que je ne veux pas qui est mieux que je ne peux pas qui est beaucoup mieux que je ne dois pas...

CadeauLe plaisir d’un végétarien est un plaisir comme les autres. Et comme pour faire plaisir à n'importe qui sur n’importe quelle aspect, il faut juste savoir écouter le récepteur, même quand il se fait du silence. Mais plus important encore c'est de se taire pour arrêter d'écouter ses propres envies, ses propres désirs, ses propres goûts et ses propres souvenirs ou ses traumas.

Ça me fait penser que je me suis toujours vantée d’être très douée dans le difficile art de choisir des cadeaux, donc dans l'art d'écouter. Je me disais imbattable à tel point que parfois je songeais devenir une acheteuse professionnelle, aux temps où nous n’imaginions pas que ça pourrait exister. Aujourd'hui, je ne suis plus sûre de ce talent. Tout d'abord, parce qu'en France, on ne fait pas des cadeaux juste parce qu'on a envie - il y a ceux qui se méfient des gestes de générosité et il y a d'autres qui craignent d'un excès d'intimité -. Et puis parce que malheureusement, j'étais très ingénieuse dans le savoir-faire d'offrir, quand j'habitais chez moi, au Venezuela. Je savais combler des gens dans mon pays, c'est-à-dire des gens avec un bagage très proche du mien, bien au-delà des différences dues aux milieux sociaux, à la profession, aux origines ou aux goûts particuliers comme aimer ou détester le rouge.

Pour offrir et faire plaisir à un français, il me faut - même après 4 ans à Paris - de l'enquête et beaucoup d'angoisse. Je suis sûre que les cadeaux ne viendront pas si facilement que je le croyais avant. C'est normal, je ne sais presque rien sur les habitudes françaises les plus intimes et surtout je ne sais pas beaucoup, pour ne pas dire rien, de leur Histoire liée aux pratiques quotidiennes. Dans mon pays, par exemple, on peut offrir des cadeaux à un bébé qui n'est pas encore né, comme pour célébrer son existence et le recevoir les bras ouverts. Ici, une fois je l'ai suggéré, pour recevoir un sermon inoubliable sur le porte-malheur d'un geste pareil. Moi qui pensais qu'un français n'est pas superstitieux. Hélas, il l’est aussi quand il s'agit du futur de la famille.

Tout ça pour vous dire que s’il vous arrive de vouloir faire plaisir à un végétarien, il faut commencer par respecter son choix et ne pas lui exiger de faire des exceptions à ses habitudes, comme manger un peu de cette magnifique Dinde farcie au foie gras et aux marrons, sans laquelle on ne serait pas sûr d'avoir fêté Noël. Á vrai dire, un végétarien n'attend pas d'être nourri lorsqu'il est invité à dîner chez des gens, comme d'ailleurs les carnivores ne s’'attendent pas à ajuster leurs niveaux de fer, un samedi pendant un barbecue chez des amis. Quand on dîne chez des gens, je crois que la plupart du temps on n'attend rien d'autre que de passer un moment agréable dans une excellente compagnie. Si les mets sont dignes d'un, deux, trois ou même quatre macarons, alors on se régale et l’on s'en souvient, mais honnêtement la bonne bouffe est facultative. À la limite, si ce n’est pas du tout réussi, on l’oublie pour privilégier d’autres choses. Il faut aussi être un bon invité pour savoir apprécier les qualités d'un hôte, au delà de ses talents culinaires.

Je ne connais pas très bien les coutumes en France, mais puisque les invitations à dîner sont assez fréquentes, il me semble nécessaire de prendre l'habitude de demander aux invités d'informer sur ces choses qu'ils ne mangent pas, bien parce qu'ils les détestent ou bien parce qu'ils ne les tolèrent pas, ou bien parce qu'ils ne veulent pas en manger. Ça peut arriver, des gens qui ne peuvent pas manger des noix, alors vous dites rien et dans votre terrine de volailles, il y a parmi les ingrédients un festin merveilleux de macadamia, arachide, noisette, etc. Grande surprise, au milieu du repas, un de vos convives paraît disparaître sous des taches de roseurs infinies, qui ne combinent pas avec ses vêtements.

Comme anecdote, Mihai a été invité par son ami du lycée Charles Ficat, l'écrivain de Clément, de Stations et D'acier et d'émeraude : Rimbaud. Alors qu'on avait mangé des magnifiques canapés en apéritifs, on passe à table pour découvrir que le plat principal et presque l'unique était de l’agneau. Mihai ne peut même pas sentir le fromage de chèvre et ses semblables à la table d'à côté. Grand embarras, Mihai n'a pas pu continuer à manger, ce qui n'est pas très grave, mais les hôtes ont eu du mal à sentir que leur dîner était une réussite. La bonne chose, c’est qu'ils n'oublieront jamais que Mihai ne mange pas de l’agneau, donc ce plaisir de l'offrir leur sera interdit lorsqu'il sera parmi les invités.

C'est pareil pour un végétarien, mais que quelqu'un ne consomme pas une chose parce qu'on ne l'aime pas est toujours plus facile à tolérer, que ne pas consommer quelque chose parce qu'on se l'interdit. Il y a quand même des raisons religieuses historiquement attachées aux interdictions alimentaires. Mangez-vous de la viande le vendredi ? Mangez-vous du porc ou des fruits de mer ? Le cerveau fonctionne par similitudes et nous ne pouvons rien faire pour ne pas réagir en conséquence. Nous sommes souvent en train de juger à partir des expériences et des idées qui ne sont pas à toujours à la surface. En tout cas, c'est très bien la laïcité mais pas quand ça vous fait oublier le respect des autres et ses croyances. Soudainement, je me souviens de ce magnifique livre, édité par Seuil en 2002, Histoire des peurs alimentaires... de Madeleine Ferrières.

Parfois je me suis dit que ça serait plus facile pour moi et les autres de dire que je n'aime pas la viande, que je n'aime pas le poisson et que je n'aime pas les volailles, au lieu de dire que je suis végétarienne. Ils trouveront ça bizarre et de mauvais goût sans plus. Mais ça serait être lâche de nier ce qu'on est juste parce que c'est plus facile de faire croire qu'on est comme les autres. Je paie ma différence, ça me fait sentir plus solide !

Un petit glossaire « végé »

Á Paris, lorsque je déclare être végétarienne, les gens me demandent si je mange du poisson ou des volailles.  C'est vrai, je l'ai déjà dit, mais je le répéterai encore, si nécessaire. Je n'arrive pas à répondre parce que je suis coincée dans la surprise. Mais pour mon grand soulagement, Mihai - qui est toujours avec moi quand ces moments arrivent - répond paisiblement à ma place : « Les végétariens mangent tout ce qui a des racines, donc pas poisson ou du poulet à moins que les votres poussent dans un potager ». J'en suis fière, parce qu'il prend au sérieux l'instruction des gens sur le sujet, sans être végétarien lui-même.

Cette réponse est simple et assez directe pour faire comprendre aux gens au moins une partie essentielle du végétarisme. Mais en même temps, cette réponse reste un peu restreinte, parce qu'un végétarien peut aussi consommer des produits laitiers, dont les origines dans la chaîne de production n'ont pas de racines.

Á vrai dire, ce n'est pas du tout compliqué, il existe fondamentalement trois catégories, toutes commençant par « V », qui me fait penser au film V pour Vendetta, donc il vaut mieux peut être changer par qui commencent par « Végé » en français. Elles résument la pratique d'éliminer essentiellement la chair animale de l'assiette. Mais chaque catégorie a ses implications, ses raisons et ses sentiments :

Végétarien - Personne qui ne mange pas de la viande, du poisson et des volailles, donc des animaux. Pourtant, un végétarien pourrait manger des produits laitiers d'origine animale, du miel et aussi des œufs. Ils sont dits lacto-ovo-végétariens ou lacto-végétariens ou ovo-végétariens, selon le choix.

Végétalien - Personne véritablement « végétarienne », qui ne mange pas même des sous-produits animaux comme le miel, les produits laitiers ou les d'œufs.

Vegan - Les « vegans » (terme d'origine Anglo-saxon), en plus d'être « végétaliens », n'utilisent pas d'autres sous-produits comme le cuir, la fourrure, la soie, la laine, les cosmétiques et les savons fabriqués à partir des produits animaux. En d'autres mots, ils ne soutiennent pas les pratiques qui impliquent la souffrance des animaux. Pratiques qui comprennent aussi l'agriculture non biologique, basé sur l'utilisation des pesticides, par exemple.

Le plus drôle est que les gens retiennent mieux la définition d'un « végétarien » quand on leur parle des « végétaliens ». Ils adorent savoir la différence, pour dire : « Si c’est dur pour un végétarien, imaginez-vous pour un végétalien qui ne peut même pas manger du fromage ». Ça doit leur sembler un acquis digne, comme savoir la différence entre un Champagne et un Crémant, ou encore mieux, entre un whisky et un whiskey.

PS Ce glossaire n'est pas exhaustif. Pour plus d'information, vous pouvez visiter le site de l'Alliance végétarienne.

La genèse...

Ça n'a jamais été très clair pour moi le besoin d'un blog personnel, même si je crois aux pouvoirs et aux effets des blogueurs. Je me disais toujours qu'une voix devrait être, en plus d'originale et mélodieuse, également un peu utile. J'ai tout essayé: cinéma, musique, mode, écologie, cuisine, gastronomie, ayurveda, voyages, yoga et même le déjà très usé "journal d'un expatrié". Rien n’a été très convaincant pour moi jusqu’à maintenant, parce que j’ai aussi envie de me lire de temps en temps.

Ce n'était qu'il y a quelques jours, lorsque j’ai été invité dîner chez des amis, qu’en face de mon assiette j'ai eu l'envie folle de revenir sur l’idée d'écrire un blog. Pour au moins justifier la mensualité de « Typepad », régulière depuis presque 2 ans ! La situation, plus au moins drôle, que m'évoquait à nouveau la fonction des blogs personnels, était qu'encore une fois on me recevait avec "Un beau saumon en papillotes" - comme substitution d’une côte de bœuf, gentillese des hôtes - mais hélas, je suis végétarienne !

Sûrement pas très original comme idée, parce qu'il y a quand même des milliers de blogs "pour et par des végétariens", dans toutes les déclinaisons possibles. Mais mon envie s’était portée sur un espace dédié plutôt à ceux qui ont le plus besoin de savoir qu’est-ce qu'un végétarien et comment le recevoir. Évidemment ce ne sont pas les végétariens eux-mêmes (je l'espère !) mais souvent les plus fervents carnivores qui peuvent avoir la difficile tâche d'être entourés par au moins "un végétarien bien aimé" au long de sa vie.

Ce blog s’ouvre sur des trucs, des idées, des combinaisons, des recettes, des considérations, des découvertes, des adresses, des tables, des voyages, des ustensiles, des conseils, des réponses, des questions et même des possibles explications à cette pratique, appelée par d'autres "tendance", qui peut se mettre aussi à table chez vous sans vous imposer un régime éloigné de plaisirs gastronomiques…

Et voici la naissance de "L'invité végétarien".

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